Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.
Mardi 23 Février l’ARBB (Association des Randonneurs Baliseurs du Briançonnais) et l’UTL (Université du Temps Libre) du Grand Briançonnais ont coorganisé une conférence sur La Sécurité aux Sports d’Hiver sur piste et hors piste, à l'Espace Grand Serre Che à Villeneuve la Salle. Les deux présidents Robert Mureau pour l’ARBB et Jean Pierre Lamiral pour l’UTL ont confié à François Brunot la présentation des intervenants, Philippe Buyle et François Lacour. Et c’est devant une assistance certes peu nombreuse mais très intéressée que les exposés ont été déroulés en présence d’Alain Fardella maire de Villeneuve la Salle et conseiller général.
Philippe Buyle, directeur des services de piste de Villeneuve la Salle, a axé son exposé sur la sécurité sur pistes en déroulant toutes les infrastructures mises en place sur le domaine skiable de Serre Chevalier. Il est difficile de résumer en quelques mots son intervention mais les points forts résident en quelques chiffres :
- 450 ha de domaine skiable représentant 250 Km de pistes,
- 154 ha (le 1/3) bénéficiant de neige de culture, cette neige est principalement épandue sur les pistes de retour station,
- 24 dameuses qui assurent une qualité de piste optimum,
- 80 pisteurs qui veillent à la sécurité des skieurs,
- 22000 skieurs aujourd’hui ce qui représente 220000 passages sur les remontées mécaniques.
Philippe a insisté sur le travail des pisteurs qui assurent, aux heures où le skieur se prépare, la sécurité passive, vérification des pistes, déclenchements d’avalanche. Pour la
sécurité active ils interviennent sur une journée pleine (pendant les vacances scolaires) environ 35 fois, pour des accidents divers et variés. L’accident le plus fréquent se situant au niveau du
genou (30% d’intervention). Il faut noter que le pourcentage d’intervention par rapport au nombre de skieurs est relativement faible (1 pour 600 environ) mais cela nécessite toutefois une grosse
infrastructure. Cela va du simple traineau, à la moto neige et parfois il faut faire appel aux gros moyens (hélicoptère principalement).
Philippe a aussi insisté sur le travail sécuritaire effectué par les dameuses et leurs chauffeurs qui parfois, toute la nuit, passent et repassent sur les pistes pour les rendre parfaites pour les skieurs. Côté chiffre une petite indication chaque dameuse coûte le prix d’une Ferrari, en effet il faut compter entre 180000 et 300000 € pour un tel achat. Ceci (mais c’est hors exposé) explique une partie du coût élevé des forfaits. Il existe pourtant un moyen de minimiser ces forfaits, c’est de faire du ski de randonnée, en hors piste donc et pour cela Philippe laisse la place à François qui va nous exposer ce domaine.
François Lacour est guide de haute montagne et emmène avec lui les passionnés de grands espaces. Et là bien sur il faut s’assurer d’un minimum d’éléments afin de
faire de ces sorties une joie et éviter les pièges de la montagne.
Cela passe en premier lieu par une préparation très stricte de la randonnée. Etude minutieuse de l’itinéraire, lecture attentive du BRA (Bulletin de Risque d’Avalanche), vérification des zones d’avalanche sur les cartes dédiées établies par les professionnels (Météo France, IGN, Cemagref). François nous a donné quelques pistes sur les versants traversés et il a bien précisé que les faces froides (Nord et Est) sont souvent à éviter, surtout en période de grand froid et les jours succédant à une période ventée.
Mais même toutes ces attentions sont à confirmer et à réévaluer sur le terrain. Faire systématiquement le point n’est jamais superflu et abandonner une randonnée est toujours plus sage que de continuer avec un doute.
Cette présentation terminée, François Brunot se faisant le porte parole de l’assemblée lance alors un rapide débat avec comme question principale : « Comment expliquer que certains accidents graves récents sont arrivés à des professionnels (guides, aspirants guides) ? ». Pour répondre rapidement à cette délicate question Philippe Buyle et François Lacour ont alors convenu que peut être ces personnes, trop sûres d’elles, ne parviennent pas à stopper. Cela est peut être du au fait que chacun se dit puisqu’il continue c’est qu’il n’y a aucun risque. Certainement aussi que personne n’ose dire halte.
Il serait bon souvent de mettre en pratique cette ligne directrice qui est celle de François Lacour :
« Je ne voudrai pas que mes enfants, âgés de 3 et 6 ans, assistent maintenant à mon enterrement ».
Que ceci semble sage et si nous mettons tous en action cette remarque, beaucoup d’accidents pourraient être évités. Et ceci était bien le but de notre conférence.