Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.
Partis 16 de Briançon en ce début juin, nous nous retrouvons 20 sur un des parkings de Forcalquier en ce samedi 1er juin. Pourquoi Forcalquier, parce que ce n’est pas à Apt que nous avons rendez vous. Donc ici sur le parking Claude, notre disc-jockey du séjour armé dans la main gauche du plan de la ville et dans la droite de son index, nous indique le programme et surtout le chemin à suivre. Après nous avoir expliqué que l’histoire de France n’aurait pas été celle qu’elle a été sans les filles du comte de Forcalquier, c’est direction la cathédrale que nous dirigeons nos pas.
Un peu de grimpette ensuite pour atteindre la citadelle, son bataillon de cloches, sa table d’orientation. Descente rapide alors vers l’ancien couvent des
Cordeliers, un passage sur la place où le spectacle à destination des enfants nous passionne, avant de rejoindre le parking. Retour et entrée dans les voitures à la recherche d’un champ pour le
pique nique. Le repas avalé c’est direction Oppedette petit village aux gorges célèbres. C’est là que la première des quatre randonnées doit avoir lieu. Et elle a bien lieu cette superbe
promenade en bordure du torrent qui coule, là, au fond de la gorge. Descente d’abord pour traverser le torrent sur le pont avant une remontée longue mais légère pour retraverser le torrent au
niveau du village d’Oppedette. Les voitures retrouvées c’est vers Simiane la Rotonde et le gite de la Fontaine que nous mettons le cap.
Le gite à quelques mètres du village de Simiane est un centre équestre qui accueille, bien évidemment, les randonneurs à deux pattes. Là, le disc-jockey
s’empresse de contacter le patron, de visiter avec lui les chambres, et enfin de les affecter aux membres de la sortie. Les chambres occupées ce sont maintenant les douches qui sont prises
d’assaut, et chacun son tour enlève la poussière, la transpiration pour revêtir l’habit de soirée nécessaire pour bien digérer le repas. Regroupement ensuite dans les chambres pour une nuit
devant se terminer à 6H45 pour un petit-déjeuner servi pour 7H30. Ceci c’est la théorie, la pratique c’est que dans chaque chambre le réveil retentit à l’heure précisée la veille, sauf la nôtre,
en effet le réveil du disc-jockey il est resté positionné sur 5H45. Et moi qui vous narre ce fait réel, je suis bien dans la chambre du monsieur. Alors gentiment lorsqu’il revient, propre rasé
sentant bon, dans la chambre je lui demande si par hasard il ne s’est pas trompé d’heure.
Aucun autre problème ne marquera la tranche horaire 5H45 – 6H45 et c’est tous ensemble, oui tous ensemble que nous envahissons non pas la place de la Bastille mais la salle à manger. Confitures, beurre, pain, pains au chocolat, jus d’orange, café, thé, lait chaud, lait froid, eau froide font le délice de nos babines. Puis à 8H30 précises c’est le nouveau départ pour le Colorado.
En fait il s’agit du petit Colorado, pas celui des States, non, celui de Rustrel. Pensez vous qu’un américain il connaisse le Colorado de Rustrel. Que nenni,
les français ne doivent pas le connaître plus que cela d’ailleurs. Et bien ils ont tort car ce site vaut le détour. Détour est en fait le mot adéquat puisque nous en avons fait le tour. Passage
dans des lieux aux noms évocateurs : le Désert Blanc, le Sahara entre autres. Ici se mélangent les couleurs : le blanc , le jaune, le rouge. Cette visite du matin nous ayant
particulièrement intéressée nous avons remis le couvert l’après midi avec Daniel le guide local et également laveur d’ocre. Daniel c’est un bavard, il peut venir randonner avec nous à l’ARBB il
sera dans son élément. Certains n’apprécieront pas car ils ne pourront plu en placer une. Donc Daniel nous explique en long et en large ce qu’il a fait pour le site, ce qu’il fait pour lui et
nous montre également le lavage de l’ocre, son transport jusqu’au bassin de décantation, son stockage ensuite.
Nous le quittons en fin d’après midi pour rendre alors visite au village de Simiane la Rotonde. Ce village perché nous permet de faire quelques mètres de
dénivelé supplémentaires avant d’entamer la visite du château sommital. Une pause dans une salle où le conférencier nous explique les bienfaits et les utilisations des huiles essentielles que
nous pouvons acquérir dans la salle voisine où la dame du conférencier tient le stock et la caisse. Et vlan nous voilà quitte maintenant pour revenir au gîte où le programme est à nouveau celui
de la veille. Mais avant de passer à table une surprise nous attend car une de nos touristes fête aujourd’hui son anniversaire. Comme c’est une dame je n’ai pas le droit de vous dire de qui il
s’agit ni de son âge. Un indice toutefois c’est une de nos dernières retraitées qui est très heureuse de se retrouver dans cette catégorie socio professionnelle.
Je saute rapidement sur la nuit, sur le réveil, sur le petit déjeuner pour aller directement à l’essentiel, l’étape du jour. C’est aussi un circuit : Tinette – Bergeries du Contadour – Tinette.
Ce circuit doit nous permettre de découvrir les grandes bâtisses du plateau qui servaient aux bergers, peut être aussi aux bergères et surement aux deux
réunis, mais surtout aux troupeaux qui occupaient ces espaces en été. Ces bergeries répondent toutes au doux nom de Jas. Pourquoi Jas ? Et la réponse notre disc-jockey nous la donne
rapidement. Un Jas c’est un endroit où le troupeau se jasse, c'est-à-dire que c’est l’endroit où il se repose, se couche. Et bien maintenant ces jas ils sont tous à l’abandon ou plutôt en ruine.
Seul demeure en bon état celui des Terres de Roux, rénové par une association et qui nous montre la beauté de ces bâtiments. Une visite attentive nous permet de bien photographier ces lieux avant
de continuer vers ceux situés plus haut. Le dernier en bordure de crête est celui des Agneaux. Particularité ici, c’est le lieu de tournage en 1960 de Crésus œuvre et film de Jean Giono, un
enfant de Manosque, ville toute proche. La journée se poursuit par une halte réparatrice à côté d’un grand cairn où les coccinelles se regroupent.
C’est alors le retour rapide car les nuages menacent et direction ensuite Banon. A Banon beaucoup de visites nous attendent, visite culturelle de l’église haut perchée sur la colline suivie par
celle plus gastronomique de la fromagerie de Banon où le fromage local n’a plus de secret pour nous. Retour au culturel et plus spécialement à la lecture par la visite de la bibliothèque du
Bleuet, une des plus imposantes de France. Ici chacun peut trouver l’ouvrage qu’il recherche. La fermeture de ce lieu approchant c’est pour nous le retour au gîte pour le dernier repas et la
dernière nuit du séjour.
Le lendemain mardi 4 juin c’est sur la route de Briançon que nous effectuons notre dernière randonnée, pour cela c’est le village des Mées et surtout ses pénitents qui sont les témoins de notre
procession.
Celle-ci commence par la montée dans le pudding ou poudingue lequel s’est constitué lors des divers soulèvements pour former cette masse dite des Pénitents des
Mées. Quelques photos puis direction le lieu dit San Peyre où lors de notre arrêt nous avons droit aux explications de nos conteurs sur la formation de ces pénitents. Tous sont d’anciens moines
qui se sont retrouvés pétrifiés pour des causes non en rapport avec leur religion. C’est sans doute à cause d’une belle jeune fille répondant au nom d’Aimée qu’ils ont ainsi été transformés. Mais
à ce stade chacun peut imaginer l’histoire qui lui plait. Les conteurs ayant terminé leur récit sous les applaudissements du public, tous se regroupent pour entamer la descente. Un dernier arrêt
à Château Arnoux pour le pot de départ et c’est la douloureuse séparation qui nous attend.
Le prochain séjour débutera en juillet et je pense qu’il sera aussi réussi que ce dernier. Organisation quasi parfaite de notre ami Claude toujours soucieux du bien être de tous, attentionné à chaque détailet surtout particulièrement documenté sur tout ce qu’il nous a fait découvrir. Merci Claude de la part de tous tes amis randonneurs pour cette visite dans une partie du Luberon et à bientôt sur d’autres sentiers.