Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.
Le mois d'août touche à sa fin, mais il marque pour l'ARBB la période intense des séjours. Après celui des Cerces la semaine dernière et en attendant les Fonts de Cervières, les Dolomites, le Viso et le vélo c'est en Belledonne que 12 d'entre nous se sont donnés RDV. Pour ceux qui ne savent pas, Belledonne et le gîte de la Martinette nous sont déjà familiers. L'an dernier, lors du premier essai c'est une présence humide trés persistante qui nous a accompagnée. Donc cette année, après avoir consulté les oracles chez Monsieur Météo France, une fenêtre semble s'avérer propice ce WE des 26, 27 et 28 Août. C'est donc chez Eliane et Pascal que nous retournons dans leur gîte, absolument, sympathique.
Vendredi, une fois le brassage voitures effectué, nous partons de Gleysin pour rejoindre le Grand Thiervoz par le GRP du Rour d'Allevard.
Une visite intéressante aux 2 sapins d'Henri IV, dont nos amis ont à peine réussi à faire le tour nous permet de faire une pause méritée suite à une première montée relativement
sévère. Ces 2 sapins datés des environs de 1597, lorsque le Vert Galant était encore en vie, ont grandement profité des bienfaits du ciel pour atteindre des tailles convenables. 5m12 de
circonférence et 35 m de hauteur pour le premier, 5m60 et 30m pour le second. Et encore ils ont peut être évolué car les mesures datent de 1997. Reprenant notre marche nous arrivons
alors à la cabane au bord du lac de Léat. Et c'est pile midi donc restauration possible. Quelques grenouilles, beaucoup de tétards et une petite colonie de salamandres nous accueillent.
La cabane étant accessible nous profitons des chaises et bancs pour nous installer et nous rafraichir grâce à l'eau bien froide de la source en amont du lac. Et lorsque un grand
savoyard et sa toute petite fille arrivent pour passer la soirée à la cabane, nous décidons de leur laisser place et entamons la dernière montée avant la longue descente vers Grand Thiervoz.
Cette descente assez raide dans le bois bénéficie d'un nouveau tracé certainement pour éviter les alpages et peut être aussi les patous qui sévissent ici. Lorsque nous débouchons à Grand Thiervoz
nous tombons pile sur la voiture de Claude qui permet alors de rejoindre Pinsot et Gleysin où sont stationnées les 4 autres véhicules. Direction alors le gîte où commencent alors les
traditionnelles activités de ce type de lieu. A savoir, rafraichissement, possession des chambres, douche, repos, repas.
Mais avant celui-ci, Dominique a eu la bonne idée d'apporter son petit accordéon, Gabrielle et Robert leurs nombreux harmonicas et c'est alors le début d'un spectacle mi chanson, mi
danse auquel nous nous avons tous participé. L'infusion pré nuit dans la salle de repos a été interrompue par des coupures de lumière qui semblent annoncer pour le lendemain une journée ...
belledonesque (vous trouverez en fin d'article la définition de ce mot).
Effectivement samedi le ciel bleu de la veille n'est plus visible, il y a au dessus de nos têtes une épaisse couche grise blanche qui ne laisse pas envisager une journée estivale.
Mais au diable, comme dit le proverbe, petite pluie du matin n'arrête pas le pélerin. Nous voici donc partis pour la balade prévue, c'est à dire les lacs de la Valloire. Divisés en deux groupes
c'est à l'assaut de ces lacs que nous partons capes sur le dos et sur sac sur les sacs. François emmène Dominique (celle de l'accordéon), Annick, Roger et Claude, le reste de la troupe vient avec
moi. Nous montons tous à notre rythme les 900m qui nous séparent des chalets de la Grande Valloire. Mimi et Babette restent aux chalets pendant que les autres continuent leur ascencion. Le groupe
de François atteint sans difficulté mais dans un ciel un peu perturbé le lac Glacé où ils sont tous un peu gelés. Dominique (la dame de M Roger), Gabrielle, Claire, Alain et moi nous nous
contentons du lac Blanc avant de rejoindre la cabane de la Grande Valloire.
Et c'est autour du bon feu de bois allumé par Mimi et Babette que nous déjeunerons avant d'entreprendre la descente par la Petite Valloire. Trajet que quelques instants plus
tard le groupe des lacs empruntera pour nous rejoindre où? ... mais au gîte voyons.
Et là surprise une équipe de 18 randonneurs du comité des fêtes de Seynod (Haute Savoie) nous rejoint pour la soirée. Le repas avalé c'est dans la grande salle que tous nous nous retrouvons pour une soirée animée.
Accordéon, harmonicas avec l'aimable animation de Gabrielle et Claude la soirée se terminera par un sompteux concert de type "J'aime les oeufs" chanté par les hommes en serrant le nez
de façon à sortir un son type crécelle. Les dames entonnent alors un "Et moi l'oignon" ce qui ne donne absolument pas envie de manger l'omelette aux oignons. Un grand fou rire précède alors la
mise en position horizontale qui permet de récupérer car le lendemain ... c'est randonnée.
Dimanche le ciel, oh surprise, est tout bleu et le soleil brille. Les savoyards partent vers l'ensemble des 7 Laux, et nous en face vers le Grand Rocher. Ce sommet, qui en fait est une longue crête, sépare les vallées du Breda (où nous résidons) et du Grésivaudan (vallée qui relie les agglomérations de Chambéry et Grenoble). Ce sommet permet, par beau temps, de visualiser les massifs de Belledonne, de Chartreuse du Vercors et des Bauges, de situer les villes de Chambéry et Grenoble, et au loin le plus grand lac naturel de France, celui du Bourget. Le sommet du Mont Blanc apparait également, avec aujourd'hui une couleur blanche type Chantilly. Et c'est dans ce ciel presque Queyras que nous posons pour bien vous montrer que parfois il fait beau en Belledonne.
Malgré ce temps agréable il est temps de remettre le sac sur le dos pour attaquer la descente dans le bois qui nous ramènera à Grand Thiervoz. Mais là nous n'allons pas nous quitter sans un dernier rafraichissement et c'est vers le gîte que nous retournons. Cela nous permettra de saluer encore une fois Eliane et Pascal. Mais voici que, dès installés autour de la table sur la terrasse, Pascal demande à Dominique de sortir l'accordéon.
Et c'est au doux son de la cabale que Gabrielle, toujours maîtresse dans l'art d'apprendre aux autres, entraîne Pascal puis Eliane dans un long tourbillon. Ensuite Claude se lance
dans une répétition génèrale des chansons de notre chorale. Signore delle cime et Vieni sulla barchetta terminent cette séquence car ... il faut rentrer à Briançon, Guillestre pour certains et
Grenoble pour d'autres. Alors après la sortie des traditionnels mouchoirs où tous écrasent une larme de joie c'est RDV pour ... le prochain week end aux Fonts de Cervières.
Mais avant cela :
Définition promise de temps de type belledonesque : c'est un temps où tu as 2 chances sur trois d'avoir la pluie, le brouillard, le vent et surtout beaucoup de nuages. La dernière remarque est d'Eliane : si c'est vert ici, ce n'est pas pour rien.