Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.
Voilà un titre bien pompeux mais qui, vous en conviendrez plus tard, porte bien son nom. Il était donc, une fois, un grand chef et son adjoint qui décidèrent en 2010 d'emmener 10 de leurs disciples vers les cimes du Paradis en cet été 2011. Et c'est donc 12 personnes qui devaient traverser ce lieu du Val d'Aoste entre La Joux et Valnontey. Hélas, au dernier moment Achille Talon, à moins que ce ne soit le talon d'Achille, empêcha notre amie Alix de se joindre au groupe. C'est donc à 11 que nous nous élançons samedi 23 juillet de Briançon d'abord, de la Joux ensuite vers les cimes paradisiaques.
Le chef, avec son éternel bob vissé sur la tête, prend les commandes et c'est vers les cascades dans le bois que nous entamons guillerets la montée vers Deffeyes. Non, Deffeyes, n'est
pas un disciple du chef mais, nous l'apprendrons plus tard, un assesseur du Val d'Aoste qui a donné son nom au refuge sis en dessous du glacier du Rutor.
Quelques heures plus tard, après avoir traversé l'alpage puis le col de la Dignité, nous arrivons enfin à la porte du refuge. Un peu avant une baignoire nous tend les mains où nous pourrions laver nos pieds. Certes l'eau bouillonne et cela doit faire du bien aux petits petons mais comme l'eau elle vient du glacier, elle doit être fraîche. Alors pas de bain, mais un peu de repos car le temps commence à se gâter.
Le lendemain, dimanche, au réveil une petite pellicule blanche recouvre les tables à l'extérieur et c'est bien équipés que nous attaquons la montée vers le Passo
Alto. Passo Alto en français se traduit Haut Pas, et c'est au pas que nous réalisons la montée, les uns derrière les autres. Au sommet la neige recouvre le sentier et c'est dans les grands pieds
de Bernard et les petits de Françoise que tout le monde atteint ce haut lieu. Il ne nous reste plus qu'à descendre jusque dans la vallée, 2000 m environ plus bas, pour rejoindre par véhicules
interposés le lieu dit Planaval où, à l'hôtel Paramont, nous passerons une soirée trés agréable.
Lundi c'est par la route que nous rejoignons le village de Valgrisenche pour quelques ravitaillement. C'est sympa le Paradis mais l'on ne peut pas, pour le mériter, se nourrir que d'eau fraîche et de pain sec.
Alors avec quelques spécialités valdotaines le Paradis a meilleur goût. Les sacs remplis c'est vers le refuge de l'Epée que nous dirigeons nos pas. Sur le sentier nous rencontrons les
ouvriers spécialisés en recrutement paradisiaque qui arrangent avec soin le sentier menant à ce lieu tant convoité. Et puis arrivés à l'Epée nous avons la surprise de voir Nicolas se rappeler
que, il y a longtemps au temps de sa jeunesse, il pratiquait ce sport appelé escrime. Et j'avoue que devant Marrein il a gardé son sang froid pour ne point embrocher quelqu'un.
Mais voilà venue la nuit, le repos, quand je dis repos c'est façon de parler, cela veut dire que l'on ne marche pas et aussi que l'on profite des couchettes pour s'allonger. Dire maintenant que l'on dort du sommeil de l'ange est un peu exagéré, disons que l'on sommeille par bribes.... mais cela est quand même du repos.
Mardi est donc une autre jour et c'est par le col de la Fenêtre que l'on doit passer. Certains pour le Paradis préfèreraient passer par la porte, ici en Val d'Aoste,
c'est par la fenêtre que l'axe est le plus rapide. Et c'est en appuyant sur la bonne pierre que Claude et Bernard ouvriront les volets pour permettre à tous de passer. Et après une longue
descente c'est l'arrivée chez Lydia où, éparpillés dans le village de Rhêmes Notre Dame, nous prenons nos aises pour une sympathique soirée.
Mercredi c'est réveil de bonne heure car le Col de l'Entrelor nous attend. Entrelor il culmine à 3002 et nous sommes à 1550 alors faut graisser les mollets. Et c'est
parti, comme dit Kiki, à 7 heures pour ce passage. Mais hélas, trois fois hélas (non ce ne sont pas des prières) nous nous débinerons parce que le col il est dans le brouillard et nous, sous la
pluie. Retour à Rhêmes donc, sousoupe pour certains au bar du coin, puis bus et rebus (re bus) pour Eau Rousse et son hôtel Paradiso. A l'hôtel nous sommes accueillis par fifille (c'est la fille
du patron) et puis plus tard par papa (c'est le papa de fifille). Il est sympathique papa (fifille aussi) et en plus il fait parti de la confrérie du quintal ... et il en est fier. Nous discutons
pas mal ensemble et puis vint le moment de choisir l'heure du petit déjeuner du lendemain. Fifille elle a dit 7h00 et pas de négociation, papa plus tard il dira 6h00. Nous sommes surpris et
inquiets. Alors nous précisons à fifille que papa il a dit 6h00. Alors fifille elle dit "il aura qu'à se lever et faire le déjeuner" et elle part. Alors papa il revient et il dit "quand j'ai dit
6h00, c'est 6h00". Nous, nous nous taisons et nous sommes au rendez vous à 6h00 jeudi ... et papa avait déjà préparé le petit déjeuner.
Tout çà pour vous faire comprendre que jeudi il faut atteindre le Col de Lauson à 3296 m d'altitude et que nous sommes, à Eau Rousse, uniquement à 1650. Il faut quand
même quelques heures pour faire 1650 m en montée.
A 6h45 c'est le départ et par un sentier absolument fabuleux, s'il y a 21 lacets pour monter à l'Alpe d'Huez, ici il y en a au moins 200 pour rejoindre le col. Mais quel bonheur de suivre ce large sentier pour atteindre ce col. De plus nous voyageons au milieu des quadrupèdes, chamois puis bouquetins, et c'est vers 14h00, nous avons déjeuné avant, que nous atteignons notre point culminant du séjour. En même temps nous quittons le soleil pour le grésil, la neige et la pluie avant de rejoindre le refuge Vittorio Sella, où la pluie tombera jusqu'à tard dans la soirée.
A Vittorio Sella, grand refuge de 180 places, nous sommes 120 à partager repas et coucher. Nous mangerons au deuxième service, soit 20H30, heure tardive pour les grands affamé(e)s que nous sommes. Mais c'est de bon coeur que nous nous soumettrons à cette décision et c'est ensuite dans les chambres exigües que nous prendrons couchette, certains au 3 ème étage ... et d'autres dans les niches.
Vendredi, c'est le soleil qui nous accueille et c'est par le splendide sentier balcon dit de l'Herbetet que nous rejoindrons Valnontey. Des vues magnifiques sur
les glaciers des faces Est et Nord de Grand Paradis nous attendent au détour de la cabane de l'Herbetet. Cette cabane, comme beaucoup dans ce parc national, appartient au parc et ce sont les
gardes qui les occupent. Il faut savoir que ce parc est le plus ancien d'Europe et a été créé en 1922. Il fait suite aux réserves de chasse royale ; et c'est grâce à Victor Emmanuel que le
bouquetin fût interdit de chasse. Ici des milliers de chamois et de bouquetins arpentent, à quelques dizaines de mètres des randonneurs, les alpages sans se soucier de la présence humaine.
La marche se terminera à Valnontey, puis les bus nous conduiront à Sarre puis à Leverogne où nous résiderons pour la dernière nuit.
Samedi c'est le retour par Aoste, une rapide visite de cette capitale régionale, puis l'autoroute jusqu'à Oulx, la route de Montgenèvre avec arrêt à la "cantine" de Cesana et après un excellent repas passage du col et descente sur Briançon, Les Guibertes, Le Ponteil, Guillestre et Abriès.
Vous avez donc compris que ce n'est pas encore au Paradis que les 11 apôtres de l'ARBB ont élu domicile, il faudra encore patienter pour voir s'ouvrir ces fameuses portes. Mais sachez quand même que cet endroit est magnifique, que les sentiers qui desservent ces lieux, sous l'appellation Via Alta n°2, sont absolument sensationnels et que si vous voulez y retourner ou vous y rendre pour une première fois, nous sommes Michel et moi à votre disposition .... pour vous indiquer les bonnes adresses.
Merci à vous pour votre participation agréable, pour votre bonne humeur, et surtout pour votre patience car vos "accompagnateurs" parfois ils sont .... trés gentils.
Annick, Claire, Françoise, Jackie, Marrein, Michèle, Claude, Jean Paul, Nicolas, Michel et Bernard le dream team du Paradis.