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Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.

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E viva España

Pour changer un peu des Alpes, du Briançonnais, du Queyras qui sont certes sympathiques mais quotidiens, j'ai proposé en début 2012, d'emmener quelques uns de nos adhérents faire un tour du côté des Pyrénées. Les Pyrénées françaises sont très belles, mais mes expériences précédentes se sont toutes soldées par 50% d'utilisation du poncho lors de randonnées. Et chaque fois j'ai appris que de l'autre côté de la frontière, c'est à dire en Espagne, le temps était beaucoup plus clément. C'est un peu comme quand on parle du temps en Italie et en Queyras, à droite il pleut souvent, à gauche il y a du soleil. Alors j'ai consulté Internet (un ami de tous les jours) et il m'a suggéré d'aller trainer vers le parc national d'Ordesa-Mont Perdu.

P1190152Comme c'est un ami solide il m'a indiqué Linas de Broto et son auberge El Ultimo Bucardo. Ce séjour programmé s'est alors vite rempli et il a fallu faire des choix pour constituer le groupe de 18. Les réservations faites auprès d'Encarna et Amador, les propriétaires du lieu, c'est avec impatience que tous nous attendîmes cette date du 7 Septembre, jour de départ en Espagne. Le carnet de route établi chez nos amis Marrein et Nico du Ponteil, c'est le départ pour un long périple de 860km qui nous amène à l'heure du diner à Linas.

Après une bonne nuit réparatrice c'est l'heure d'entrer dans le vif du sujet, c'est à dire les randonnées dans ce parc célèbre. Nous serons 17 à randonner, une tendinite tenace ne permettant pas à Claude (elle) de se joindre à nous.

Samedi 8 Septembre. Il est décidé de faire une balade de mise en forme et pour cela départ du gîte pour un circuit dans les alpages environnants. Remontée par la piste forestière rive gauche du Rio Sorrosal pour atteindre le refuge éponyme bien mentionné sur notre carte Gavarnie Ordesa n°24 (au 1/50000ème) puis celui de la Faja. Il faut savoir (nous ne le savions pas) qu'en Espagne les indications des refuges sont sur les cartes mais pas sur les bâtiments eux mêmes. De plus tous ces refuges sont majoritairement des petites cabanes ouvertes à tous. Et bien moralité nous sommes passés devant une bâtisse puis une petite cabane sans savoir que ces deux constructions étaient effectivement les refuges mentionnés sur la carte.

P1190163Le fond du vallon atteint nous prenons alors une sente qui doit nous permettre de contourner le cirque pour nous amener sous le Pic de Toronzué puis le Tozal de las Planas et enfin le Collado de Gabardos pour terminer par une descente sur Linas de Broto. Hélas une interprétation rapide nous mène sur une crête précédant celle du retour. Nous tentons une descente dans le bois vite interrompue par des églantiers aux épines acérées. Un point plus précis nous indique que c'est bien la crête qui nous fait face qui est la bonne et, à flanc de côteau, en suivant une courbe de niveau nous débouchons sur le bon sentier qui pénètre dans le bois et nous mène dans la ruelle jouxtant l'auberge. Il était temps d'arriver car les bobos commençaient à se faire sentir, mais une douche plus tard, tout rentrait dans l'ordre et le repas terminé je pouvais alors annoncer la promenade du lendemain.

Dimanche 9 Septembre. Pour éviter les soucis de la veille et pour permettre un peu de repos il est décidé d'aller vérifier le balisage GR espagnol. Pour cela c'est sur le GR15 que nous allons cheminer aujourd'hui. Ce GR parcourt une grande partie de l'Aragon dans ce que l'on pourrait appeler le Piémont de cette province. Il passe par de très nombreux villages abandonnés (desabitado en espagnol sur la carte) et permet d'admirer le travail colossal des générations précédentes pour l'aménagement de ces lieux. Murs de soutainement des chemins, restanques pour les cultures, captages d'eau (maintenant disparus), tout cela pour assurer une autarcie complète.

P1190170Les deux villages proches d'Oto d'où nous sommes partis, Yeso celui que nous avons traversé est abandonné depuis 1950, Otal plus avant et où nous ne sommes pas allés, a été déserté seulement en 1960 Il y avait dans ces deux hameaux respectivement 50 et 200 habitants!!! Tout au long du chemin les 14 présents, car Babette, Mimi et René avaient préféré s'abstenir pour résorber les fatigues de la veille, ne peuvent qu'admirer le travail des anciens, la qualité du sentier, le bon balisage et surtout la grosse chaleur qui nous accompagne. Vous vous doutez que lorsque la balade se termine vers 16 heures, simultanément avec celle de la rencontre avec les Italiens quelques 900 km plus loin, le bar à côté des voitures a été le bienvenu.

Lundi 10 Septembre. La particularité de ce parc national est qu'il est parcouru par des rivières (rios) et des torrents (barrancos) qui ont creusé des sillons d'une grande profondeur. Deux sont très célèbres et aujourd'hui c'est celui d'Anisclo qui est au programme. Pour accéder à ce canyon il faut se rendre au parking de l'Ermitage de San Urbez. Ce saint a fui la France par le col d'Anisclo au fond de ce vallon et est venu s'installer ici dans cet ermitage. Pour lui rendre hommage (j'invente) un large chemin a été édifié d'abord rive gauche puis rive droite de cette rivière. Ici l'eau est tellement pure qu'il est interdit de se baigner, sans doute pour éviter une maladie, nos corps n'étant plus habitué à ce genre de liquide.

P1190211Bref la promenade, longue mais facile, nous mène au lieu-dit La Riparata, là où le canyon s'élargit un peu. Le repas pris sur la plage de pierre lisse face aux trois minis cascades est particulièrement apprécié. Il faut toutefois faire attention à ne pas trop s'approcher de l'eau car une gissade sur les pierres humides se termine 30 mètres plus bas. Le retour au parking précède alors un nouveau long trajet en voiture du aux routes sinueuses et étroites de ce lieu quasi désertique avant de rejoindre Linas, son gîte, la douche, le repas etc....

Mardi 11 Septembre. C'est le jour de découverte de l'autre canyon, celui de la vallée d'Ordesa et plus particulièrement le Rio Arazas. Mais, pour atteindre cette vallée, il est nécessaire de satisfaire aux conditions d'accès. Cela consiste à laisser les véhicules personnels au parking de Torla, de prendre la navette qui dessert La Pradera, lieu de départ de la balade. Celle ci s'effectue aujourd'hui rive gauche du rio par une traversée qui pote le nom de Faja de Pelay. Nous commençons par une montée brutale de 700 mètres de dénivelé sur la Senta de los Cazadores pour atteindre le Mirador dit de Calcilarruego. Ce belvédère, à l'aplomb de la Pradera, est un véritable nid d'aigle qui peut occasionner un moment de vertige, mais qui offre une vue monumentale sur le canyon. Les photos terminées, c'est le sentier de la Faja qui s'offre à nous.

P1190236Sentier d'une horizontalité quasiment parfaite mais d'une longueur réelle (7km1/2 au compteur du GPS) où l'on découvre tour à tour : la Brèche de Roland, le Cylindre du Marboré, le Mont Perdu, les izards et la cascade de Soaso et le cirque lui même. C'est absolument magnifique. Ce qui l'est moins c'est le retour à la Pradera, car les 7 et 1/2 il faut les faire au retour. Avec la traversée du cirque, la montée au belvédère c'est 21km qu'il affiche le compteur du GPS. Et les 16 randonneurs (des ampoules tenaces n'ont pas permis à Gabrielle de mettre les grosses chaussures) qui ont doublé ces deux étapes garderont, j'en suis sur, un souvenir inoubliable de ces grandioses entailles. La Pradera grand pré aménagé dans ce vallon est également équipé d'un magasin de souvenirs et d'un bar (bien sur) où la San Miguel bien fraiche ne peut que nous réconforter pendant l'attente de la navette de retour.

Mercredi 12 Septembre. L'Aragon, province centrale des Pyrénées Espagnoles, s'atteint par le département des Hautes Pyrénées. Pour cela il suffit de passer par le tunnel de Bielsa- Arragnouet par l'Est ou par le col du Portalet à l'Ouest. C'est donc vers ce col que nous dirigeons nos pas aujourd'hui vers la station de ski de Panticosa et plus particulièrement los Baños de Panticosa. L'objectif du jour, nous sommes 14 Mimi et René soignent leurs dos, ce sont les lacs qui dominent ce secteur les Bachimaña et Bramatuero. Nous nous contenterons des Bachimaña qui répondent tous les deux à l'appellation espagnole d'Embalse. Embalse, c'est un lac naturel rehaussé d'un barrage.

P1190273Le lac du bas est relativement petit au contraire de celui du haut, mais ce qui nous a frappé c'est la faible hauteur d'eau. Il manque au moins une dizaine de mètres par rapport au trait horizontal qui marque la hauteur maximum. En bas nous retrouvons la station des bains de Penticosa, station aux bâtiments grandioses, mais totalement inoccupés. Casino, hôtels, bains, usine de mise en bouteilles d'eau minérale, parking démesuré c'est cela Baõs de Penticosa. Par contre aucun client, quasiment le désert. Amador, à qui j'ai posé la question de ce lieu, m'a répondu que c'est l'oeuvre du grand magnat espagnol qui voulait faire de ce lieu un passage incontournable et qui a tout arrêté il y a peu. Pourquoi me direz-vous?.... La randonnée terminée il est quand même incontournable de faire une petite virée au col du Portalet à quelques km, traverser la station de ski de Formigal qui se termine à la frontière et puis faire quelques emplettes aux magasins espagnols du col.

Jeudi 13 Septembre. Le ciel est couvert ce matin et les efforts successifs laissant des traces, il n'y aplus que 8 volontaires pour tenter l'aventure quotidienne. Babette, Dominique, Brigitte, ClaudeR, Roger et Michel prennent une RTT comme dirait Jean Paul pour visiter Jaca. Les randonneurs partent alors vers le lieu dit San Nicolas de Bujarelo terminus de la route de Torla. De ce lieu partent de nombreuses randonnées et celle prévue est le col frontière de Bujarelo en espagnol ou Boucharo en français. Ce col mène au village de Gavarnie et au cirque de même nom. Au sortir des véhicules le temps est franchement peu engageant et sur le col il est franchement mauvais. Nous décidons alors de prendre la large piste qui plein Nord mène au refuge d'Ordisio.

P1190288Au départ, rive gauche du rio Ara, rien à voir avec le perroquet bien connu, le sentier est bordé de buis d'une hauteur conséquente. Voyez Jean Paul comme il est petit à côté d'un de ces arbres!Nous terminons notre balade au refuge et nous avons là la confirmation de ce qui a été dit le premier jour. Ici le refuge est une petite cabane de deux pièces où est mentionné sur chaque porte : Cerrar la puerta Gracias. Pas besoin de traduire. Le temps ne s'améliorant pas le retour est vite décidé, le pique nique est avalé au gîte puis Georgette, Françoise, Annick, Marrein, Claude (lui), Jean Paul et Nico partent visiter Jaca. Décidémment aujourd'hui Jaca se ... visite. Quant à moi je reste au gîte pour raconter....

Vendredi 14 Septembre. Le rio Arazas, comme tous les ruisseaux ou rivières, coule entre 2 rives, la droite et la gauche, mais lui a une particularité : il possède 2 Fajas. Une faja c'est une bande de terre qui ici longe les falaises. Sur la rive droite c'est la Faja de Racon qui domine le rio. Et c'est bien sur le circuit choisi aujourd'hui. Pour atteindre ce sentier en balcon il suffit :

1 - de prendre la navette de Torla à Ordesa,

2 - d'emprunter le sentier qui démarre à côté de l'ancienne maison du parc,

3 - de monter séchement jusqu'à atteindre le carrefour où un panneau indique la faja. Ensuite c'est un long cheminement à 1840m d'altitude qui offre des vues fabuleuses sur le canyon du rio Arazas.

Faja-Racon.JPGC'est comparable au cheminement de la Faja de Pelay, mais en longeant sur la gauche la falaise. Ce sentier traverse les cirques de Carriata et de Cotatuero et le passage des vires avant de rejoindre le sentier de descente dans le bois est splendide. Dans le bois très touffu le large chemin nous permet de découvrir un tranquille izard, petit cousin de notre chamois alpin, avant de rejoindre le pré à proximité du départ de la Faja de Pelay où le pique nique sera vite avalé. La sieste réparatrice permet d'attendre le retour par la navette. A Torla, magnifique village tout de pierres bâti, nous promenons tranquillement avant de rejoindre plus haut Linas de Broto pour le quotidien repos d'après randonnée.

Samedi 15 Septembre. C'est le dernier jour de randonnée aujourd'hui. Pour cela la veille il a été prévu 2 sorties : une à 1 chamois, pour rester dans la cotation arbbiste, elle consiste à partir du pont de Navejas pour rejoindre San Nicolas de Barujuelo, l'autre à 2 chamois va de San Nicolas au col de Barujuelo.

P1190285.JPGLes voitures de la 1 stationnent au pont, celles de la 2 vont au fond. Les deux groupes circulent à vitesse variable, les uns chantent (la 1), les autres chantent aussi mais en soufflant fort (la 2). Tout se passe bien pour chacun mais qu'elle n'est pas notre surprise quand ceux de la 2 finissent avant ceux de la 1. Sans doute éblouis par le spectaculaire Garganta de Barujuelo les 1 font une randonnée touristique pendant que ceux de la 2 y vont façon 15/9.... Mais le point commun de ces deux randonnées, c'est la beauté de ce vallon agrémenté aujourd'hui par un temps de cinéma. De retour à l'auberge pour la dernière soirée, il faut refaire les sacs, les ranger dans les différentes voitures avant de déguster les dernièrs plats d'Encarna la cuisinière. Samedi à l'Ultimo Bucardo c'est paella servie par Elena, mais avant c'est apéro, préparé par Amador. Trio d'une exceptionnelle gentillesse et d'une disponibilité de tous les instants. Les expressions d'Elena lors de son apprentissage du français sont compensés par ceux de ClaudeR dans ses essais espagnols. Nous gardons tous de ce séjour un souvenir de réussite, belles et intéressantes randonnées souvent indiquées par Amador, excellente cuisine d'Encarna et service impeccable d'Elena. Je sais également que nous laissons un excellent souvenir à nos hôtes et bien sur je recommande ce lieu à qui veut passer un moment agréable.

Auberge.JPGJe ne peux pas terminer cet article sans mentionner l'origine du nom de cette auberge, El Ultimo Bucardo. La traduction littérale est Le Dernier Bouquetin. En effet le bouquetin a disparu des Pyrénées et le dernier en 2000 et cela dans ce massif du Mont Perdu. Le bouquetin pyrénéen était une race hybride différente de celle des Alpes. Une réintroduction a été tentée mais c'est soldée par un échec. Les Pyrénées n'ont donc plus hélas d'animal de ce type. Et comme indiqué sur le panneau explicatif à l'entrée de l'auberge : Encore une race qui a disparu suite à la bétise humaine. Le panneau indique aussi que le dernier bouquetin était une femelle retrouvée morte écrasée par un arbre. Alors mesdames faites attention quand vous randonnerez en forêt, méfiez vous des arbres.

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E
Aquí dejo la dirección de mi blog personal por si te sirve de inspiración para futuras excursiones... GRACIAS de nuevo<br /> http://andar-andar.blogspot.com.es/
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E
Gracias a vosotros por elegir El Último Bucardo como campamento base de vuestras excursiones. Y gracias también por compartir nuestro tiempo, y acercarnos la montaña al albergue :-)<br /> Hasta siempre Bucardos!
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