Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.
La châtaigne est un fruit qui permet de faire tout un tas de recettes gastronomiques. C’est aussi un fruit qui se récolte dans des régions très touristiques et pour le ramasser il existe bon nombre de chemins. Certains de ces chemins, grâce à la vigilance de nos amis randonneurs baliseurs, ont été remis en état puis balisés pour permettre d’agréables randonnées. Brigitte, une de nos amies, adhérente à l’ARBB mais aussi ardéchoise, randonneuse et baliseuse nous a invité à la rejoindre dans un village au Nord Ouest de ce département 07. Ce village répond au nom de Montselgues, c’est une commune de 97 habitants, mais qui dispose d’un gîte intéressant celui de La Fage. C’est donc dans ce coin que je ne qualifierai pas de paumé, mais presque, que nous avons débarqué pour une semaine de randonnée.
Cela commence Mercredi 27 Septembre où après une route correcte jusqu’à Joyeuse nous avons suivi virage après virage Brigitte qui nous attendait là. Heureusement que nos voitures ont la direction assistée car celles qui n’en possèdent pas renforcent, ici, les biceps des conducteurs. Une heure de route environ sera nécessaire pour réaliser les quelques 35 km qui nous séparent de Montselgues, mais une fois arrivés, les 10 participants s’offrent une collation sortie du sac sur les tables à l’extérieur du gîte. Pourquoi à l’extérieur vous dites-vous, parce qu’ici à Montselgues les gérants, dont je dirai quelques mots plus loin, n’arrivent qu’à 16H00, il faut dire aussi que compte tenu des routes les touristes n’arrivent guère avant. Il faut être briançonnais pour arriver de si bonne heure, mais cela était calculé car il y a randonnée cet après midi. La randonnée débute par la traversée du village puis un long détour dans les tourbières du plateau, une visite à la ferme des Amouyères précède le retour au gîte où nous attendent Olivier et Serge. Olivier nous distribue alors nos chambres, nous sert une petite (toute petite) collation à base de houblon, Serge, lui, prépare à manger. Comme la cuisine est contigüe de la salle du bar, nous humons ce qui sera servi quelques heures plus tard. Ce qui est dommage pour vous, c’est que sur le blog je peux insérer des photos, mais pas des odeurs, sinon vous auriez eu un aperçu (pardon un senti) de tout ce que nous avons du supporter toute la semaine. Quelques moments encore de patience bien occupés à la toilette, à la discussion et autres choses encore mais que j’ai oubliées, et c’est enfin l’heure du repas. Pas de commentaires spéciaux sur cet exercice car la fatigue arrive et la chambre est à côté. Bonne nuit à demain.
Jeudi 28 Septembre, petit déjeuner prévu pour 8H00, tout le monde est ponctuel, pas de retard à déplorer. Petit déjeuner classique et puis voilà que dans la cour fusent des appels, le seul dont je me souvienne est : « Brigitte, c’est nous ». C’est une partie de son association ardéchoise qui est venue nous rejoindre pour nous emmener promener. Il y a parmi eux Bernard (pas moi un autre) et son épouse Lucette qui connaissent la région un peu comme si c’était eux qui l’avait inventée. Par contre, lecteur briançonnais bien aimé, il faut que tu saches qu’en Ardèche et principalement à Montselgues quand tu randonnes, tu commences à descendre et comme tu fais une boucle pour revenir à Montselgues, tu remontes l’après midi. Et çà ami briançonnais tu n’aimes pas du tout. Nous non plus mais comme nous sommes de bons éléments, respectueux et pas du tout faux c.., nous disons à nos hôtes que nous pratiquons souvent ce type d’exercice et que cela ne nous gène point (les ardéchois font alors semblant de nous croire). Tout ce baratin pour vous dire que nous sommes descendus à Chamier, puis à l’Oratoire, puis à Fereyrole avant de remonter sur Montselgues à 14H00 précises. Les nombreuse pauses, tout au long de cette journée, proposées par Bernard ou Lucette ont toutes été agrémentées d’explications sur ce territoire. Les châtaigneraies remises en état, les béalières creusées par les ancêtres servent encore à l’arrosage des jardins, les chemins ré ouverts grâce au travail des associations et à l’assiduité de Bernard. Ce que j’ai oublié de souligner, ami briançonnais c’est que le dernier acte, celui de la remontée vers Montselgues s’est déroulé sur une température de 29 ou 30°, ce qui nous a permis de rougir sans effort. C’est pourquoi, une fois assis sur les bancs jouxtant les tables du gîte de La Fage, je te laisse deviner, ami briançonnais, notre activité du moment. La séparation avec les ardéchois s’ensuivit non sans nous donner RDV pour le lendemain. Et puis train train habituel, douches, odeurs, lecture, ouverture du frigidaire du haut précédant la fermeture, repas, dodo…
Et voici venir, après une bonne nuit réparatrice, le jour 3 Vendredi 29 Septembre. Avant de vous décrire la journée vous avez compris que Montselgues est en haut (1000m environ)et que les circuits vers les vallées (400 à 500m) se situent donc en bas. Nos hôtes, soucieux de l’effort incommensurable fourni la veille, décident aujourd’hui de nous faire monter avant de descendre. Mais pour monter à pied à Montselgues il faut d’abord descendre en voiture en bas, à Thines précisément départ de la balade. Nous prenons donc les véhicules, nous les garons à côté de celui de Christian le GO de la journée. Christian accompagné de deux dames nous reçois avec un grand sourire et nous indique alors le départ. Longue montée au milieu des châtaigniers, traversée des hameaux de cette vallée pour enfin rejoindre quoi ? eh bien les tables du gîte de La Fage. C’est sympathique comme randonnée et surtout c’est vachement bien calculé. En effet nous pique niquons sur les dites tables, sauf que nous sortons les victuailles du sac. Celles-ci ont effectué le trajet depuis Thines, peut être eut-il été préférable de les laisser au gîte. Mais bon le randonneur ne peut pas faire plusieurs choses à la fois : marcher : oui, marcher et réfléchir : non. Mais la petite histoire du randonneur n’est pas finie, il pourrait très bien rester ici et se reposer, mais non lecteur assidu : il y a les voitures. Et celles-ci sont à Thines, faut donc aller les chercher. Deux de nos amies, plus malignes que les autres, décident toutefois d’arrêter là la promenade et c’est donc à 11 que nous prenons le chemin du retour. Mais comme nous ne sommes plus en état de réfléchir, au lieu de faire le chemin de l’aller, notre ami Christian nous emmène sur un autre circuit long de 5 à 6 km de plus que le précédent. Nous voilà donc vite sur le GR4, au Petit Paris. Ils ont de l’humour les Ardéchois, voilà un patelin de 12 maisons maximum, qu’ils appellent le Petit Paris, personnellement je l’aurai appelé le Petit Montselgues mais bon. Sur le GR4 nous rencontrons alors un autre gîte La Bombine puis plus rien de vivant jusqu’à l’arrivée à Thines. Village superbe où l’église ressemble à une petite cathédrale et où hélas se trouve un monument dédié au massacre de quelques résistants lors de l’été 1943. Quelques pas encore et voici le parking où nous retrouvons nos voitures avant de regagner Montselgues. Cocorico la randonnée est finie, La Fage nous voici, et dans le hall avant les chambres, l’odeur du plat à venir nous fait oublier toute fatigue.
Le lendemain c’est Samedi 30 Septembre et le samedi c’est jour de marché au(x) Vans. Les Vans c’est grand bourg où les marchands sont derrière leurs étal. Il y a de tout au marché des Vans, de la charcuterie, du poisson, du miel, de la confiture, des marchands passionnés, des babas cool et surtout des acheteurs. Comme nos coffres de voitures sont déjà bien pleins nous achetons un minimum, mais quand même ce minimum est respectable et puis direction Chassagnes où nous attend Lucette avec 4 de ses amis pour la randonnée de l’après midi. Direction le bois de Païolive une curiosité de ce canton des Vans. Un long circuit d’une petite dizaine de km (je sais ami briançonnais que tu n’aimes pas parler en km, mais il faut aussi que tu t’habitues au parlé de nos amis randonneurs d’autres régions) nous attend. Nous découvrons alors des rochers aux formes variées, et là chacun y va de son imagination pour nommer qui l’éléphant, qui la tortue, qui l’oiseau mais aussi la vierge. La vierge elle a une particularité c’est qu’elle a un rocher à son effigie mais aussi un long chemin. Et sur ce chemin il ne faut pas se perdre car le labyrinthe est là. A la sortie du dit labyrinthe il suffit de reprendre le GR4 puis son affluent pour retourner au parking de l’église de Chassagnes. Direction alors Montselgues et son gîte où nous attendent Olivier et Serge. Je vous ai promis plus haut de vous donner quelques détails sur nos hôtes. Voici donc, au milieu de ce séjour, le moment venu. Le gîte de La Fage a une particularité, c’est un bâtiment communal tenu par une association, dont Olivier et Serge font partie. L’équipe d’une demi douzaine de personnes tient, maintient, entretient cet ensemble et reçoit des groupes tout au long de l’année. Elle organise aussi avec des animateurs des journées à thème, champignons et châtaignes sont bien sûr au programme. Mais là ne s’arrête pas leur action, ils assurent aussi les repas de midi des 11 écoliers de l’école communale. Et oui Montselgues a une école, classe unique mais classe où les écoliers sont particulièrement heureux d’apprendre ici. C’est particulièrement réconfortant, pour nous retraités, de voir qu’il existe encore des écoles qui ressemblent à celles que nous avons, certains, côtoyées. Mais , aujourd’hui samedi, l’école est fermée, notre équipe remplace les écoliers et avec les groupes venus passés le week end nous faisons tous honneur aux plats de Serge.
Dimanche 29 Septembre, l’orage de la veille s’est transformé en pluie et celle-ci, fine, contrarie notre sortie. Le ciel commence à s’apaiser et nous décidons alors de rejoindre le très beau village lozérien de La Garde Guérin. Pour cela nous empruntons une très belle route, un peu étroite certes mais carrossable et nous rejoignons alors le barrage de Villefort puis La Garde. Quel beau village que celui-ci dominé par sa tour carrée qui permettait de voir venir de loin l’importun. Les rues du village possèdent de petites gargouilles qui nous indiquent que Briançon n’a pas le monopole de ce type de canalisation. Le pique nique avalé dans le grand pré sous la tour précède la randonnée vers le village de La Viale que nous n’atteindrons pas car le ciel se déchaine à nouveau. Alors retour vers La Fage,mais par la grande route (!!) de Saint Laurent les Bains superbe station thermale particulièrement animée, où nous attend Michel, le mari de Brigitte. Une séance photos est alors organisée et Michel peut alors profiter des pixels qui s’affichent sur les écrans. Les photos sont alors échangées et vient le moment de descendre d’un étage pour le réconfort journalier.
Pour Lundi 30 Septembre une randonnée dans la châtaigneraie qui surplombe Le Chambon nous est proposée. Et le guide aujourd’hui c’est Bernard. Mais non lecteur endormi ce n’est pas moi, c’est le Bernard de Lucette celui qui nous a accompagné le premier jour. Réveille-toi, lecteur, le récit sera bientôt terminé. Donc lundi en route pour la châtaigneraie, puis la partie sommitale, passage au Petit Paris où nous retrouvons une petite partie du sentier de vendredi puis descente par un ancien chemin ré ouvert par Bernard dans la châtaigneraie des Fouettes. Superbe randonnée dans un paysage absolument remarquable où prédominent les célèbres Boules de Gargantua. Ces rochers granitiques ronds sont ici partout présents, dans la montée et surtout sur le plateau au dessus du Petit Paris. Au Chambon, Bernard nous quitte, quant à nous nous remontons pour une dernière soirée au gîte de La Fage. Une semaine de randonnée se termine toujours par quelques histoires, quelques photos, quelques souvenirs mais aussi par quelques bulles. Pas celles des BD ni des diaporamas, mais des vraies bulles. Celles qui montent le long du verre et qui parfois provoquent des hics de satisfaction. Serge terminera ensuite sa prestation par une petite assiette où au milieu il y a un fruit, sur le fruit il y a une liquide épais de couleur marron foncé qui a bavé tout autour du dit fruit, à côté il y a une petite boule fraiche de couleur jaune, le tout se mange avec une cuillère … et c’est bon.
Mardi 1 Octobre, c’est fini il faut repartir les uns à Briançon, d’autres à Villeneuve de Berg, Babette et moi nous allons à Cabrerolles. Cabrerolles c’est dans l’Hérault et le village il est un peu plus grand que Montselgues mais guère plus. En nous quittant nous pensons bien sur pouvoir renouveler une telle expérience, pour Brigitte ce fût une première avec l’ARBB, mais quelle première. Organisation parfaite, gîte tout autant et que dire de ses amis ardéchois. Ils nous ont fait découvrir avec passion en nous expliquant par mille détails leur pays, en particulier les lieux, les chemins, les essences, la géologie et bien d’autres choses encore. Nous avons apprécié leur sympathique, leur gaité, et surtout leur amour de la randonnée. Alors comme ce sont tous de très bons marcheurs nous les invitons à venir nous retrouver dans les Hautes Alpes où ils trouveront là bas de grandes montagnes que nous leur ferons découvrir à notre manière.
Toute la petite équipe briançonnaise présente ces 7 jours à Montselgues remercie encore Brigitte pour la réalisation parfaite de ce séjour et invite tous les randonneurs briançonnais (et d’ailleurs) à faire un détour par le gite de La Fage, ce gîte est facile à trouver, il suffit de suivre l’odeur qui en émane, et si vous voulez des renseignements cliquez sur : http://gite-lafage.com/