Pratiquant avec deux associations la randonnée pédestre j'ai eu envie de laisser quelques souvenirs de ces moments agréables passés avec mes amis.
Depuis le mois de septembre de cette année (voir article Au Pays de la Chataîgne) notre ami Robert a changé totalement d'optique sur les randonnées. En Ardèche cela lui a tellement plu de d'attaquer les randonnées par la descente qu'il s'est dit : Je vais faire pareil à Briançon.
Alors il a reconnu plusieurs fois avec sa charmante Nadette les alentours et bingo un jour d'octobre il a trouvé. C'est à cheval sur la frontière qu'il nous emmène aujourd'hui Dimanche 27 Octobre, jour d'heure d'hiver. Vous garez les voitures dans le premier virage à épingle en descendant la route du Col de l’Échelle vers Bardonnecchia. A votre gauche démarre un sentier qui descend très sèchement sur 200m environ, vous traversez le torrent (à sec) et puis vous attaquez la montée par la grande piste. Il nous a dit aussi c'est facile il n'y a qu'à me suivre. Le chapelet composé de 28 petits et grands grains s'élance alors, d'abord sur les freins, c'est normal en descente faut freiner. La traversée du torrent (à sec) ne présente aucune difficulté. Par contre dans la montée certains freins restent bloqués. Comme cela chauffe il est nécessaire de s'arrêter pour les laisser refroidir. C'est une manœuvre courante me direz-vous. Seulement quand il faut repartir c'est le moteur qui est froid. Le temps qu'il monte dans les tours, il faut s'arrêter encore car il y en a qui doivent faire le plein de gazole (pardon d'eau), et c'est donc encore rebelote dans le refroidissement.
Bref arrêt après arrêt, réchauffement après refroidissement voici le carrefour de La Sueur. Rien que le nom du site vers lequel nous devons aller démoralise pas mal d'entre nous, d'autant plus que nous attaquons là un col que le Tour de France mettrait en Hors Catégorie. Notre ami Robert maillot jaune aujourd'hui, conscient de la difficulté de la tâche, imprime un rythme cyclotouristique. Petit plateau, gros pignon il s'élève lentement en prenant bien soin que le serre file suive. Dans le bois il fait presque trop chaud, donc une pause effeuillage s'impose, mais quelle c.. n'avons nous pas fait. Dès que nous sortons du bois Éole se lève, un Éole malsain froid et violent qui nous oblige à un autre arrêt de type refeuillage. La dernière montée se termine alors au moment où le ciel vire gris. De gros nuages antipathiques se forment au dessus de nos têtes. Vite nous décidons de continuer l'étape en bouclant par le GR5B le circuit du jour.
Ouais c'est bien beau tout çà mais le ravitaillement il est où? Robert qui en plus d'être maillot jaune est aussi malin et prévoyant sait que là bas entre les bornes frontières 7 et 8 il y a un blockaus que les Italiens, avant la guerre, avaient construit en pensant aux randonneurs coureurs qui pourraient être pris par le mauvais temps. Effectivement dès notre arrivée au dit blockaus la pluie se manifeste. A l'abri nous mangeons tranquillement le ravitaillement que chacun avait eu la présence d'esprit d'emporter. Le café chaud réconforte nos gosiers et c'est le moment où Robert donne le retop départ. La pluie nous accompagne quelques instants mais les ponchos sortis des musettes nous protègent. Dans la descente le peloton s'effiloche et le regroupement s'effectue peu avant le blockaus français du Mauvais Pas. Là tous, unanimes, refusent d'emprunter ce passage et sous la fronde Robert décide de nous conduire par le sentier évitant ce passage. Seulement ce que les participants ne savaient pas c'est que Robert il a fait l'Ardèche et qu'en Ardèche avant de monter il faut descendre, cela vous le savez. Certes mais ceci est valable à l'inverse. Les voitures sont plus bas donc il faut descendre, et bien non ici, d'abord il faut monter et ensuite descendre. Et effectivement c'est cela qui nous attend. Certes la montée sera courte, mais conséquente, et la descente sera rapide, mais fort pentue.
Un petit détour entre temps à la caserne en ruine, et voici à leurs places du matin les voitures où vite chacun pose musette, sac, bâtons en remerciant Robert pour cette magnifique étape. Étape franco italienne qui s'est déroulée de part et d'autre de la frontière et qui mérite une mention de type excellent tant elle est variée. Superbes mélèzes aux couleurs d'automne qui ont déposé sur les sentiers un tapis d'aiguilles qui procure un plaisir de marche évident.
La randonnée se termine ici pour certains, d'autres profiteront de la Coccinelle de Névache pour savourer avec la boisson de leur choix le sympathique gâteau aux pommes offert par la belle serveuse à l'accent italien. Et jeudi rendez vous sur les pentes du Poët Morand pour une autre étape alpine.